Plaidoyer pour une psychothérapie au service de la singularité – Journal des Psychologues
6 février 2026
Chronique du 16 février 2026
15 février 2026Les psychologues en France – Chiffres 2024

Important à savoir
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Ces chiffres concernent uniquement les psychologues âgés de moins de 62 ans.
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De nombreux psychologues continuent à exercer après 62 ans, notamment en libéral ou dans des formes d’activité partielle, mais ils ne sont pas comptabilisés dans ces données.
Le nombre réel de psychologues en activité est donc probablement plus élevé que ce que montrent les chiffres officiels.
Ce nombre augmente-t-il ? Oui.
En 2012, la France comptait environ 34 000 psychologues inscrits ADELI (moins de 62 ans).
L’évolution sur 12 ans est à plus de 43 000 psychologues, une augmentation d’environ +125 %.
Cette hausse s’observe également dans la densité nationale : en 2012, environ 58 psychologues pour 100 000 habitants et en 2024, environ 113 psychologues pour 100 000 habitants.
Là aussi, la densité a presque doublé. Ces chiffres témoignent d’une croissance continue et massive de la profession sur le plan quantitatif, sans pour autant informer sur l’accessibilité réelle des soins ni sur les conditions concrètes d’exercice.
Tous les psychologues travaillent-ils de la même manière ? Non. Les psychologues exercent dans des cadres très différents. En 2024, on distingue plusieurs grands modes d’exercice.
Répartition des psychologues selon le mode d’exercice (2024 – moins de 62 ans)
- Tous modes confondus : 77 047 psychologues
- Psychologues libéraux ou en exercice mixte : 28 352 psychologues (environ 37 %). Cela comprend : les psychologues exerçant exclusivement en libéral, et ceux qui cumulent une activité libérale avec un emploi salarié. Les données ADELI ne permettent pas de distinguer précisément les libéraux “exclusifs” des pratiques mixtes.
- Psychologues salariés de l’hôpital public : 15 821 psychologues (environ 21 %). Ils exercent notamment dans : les hôpitaux publics, la psychiatrie, les structures hospitalières spécialisées.
- Autres psychologues salariés (hors hôpital public) : 32 874 psychologues (environ 43 %). Cela inclut : le médico-social, l’Éducation nationale, la protection de l’enfance, le secteur associatif, le secteur privé (lucratif ou non), les collectivités et organismes publics divers.
La majorité des psychologues sont-ils libéraux ? Non.
Contrairement à une idée répandue : La majorité des psychologues sontité des psychologues sont salariés, le libéral (pur ou mixte) représente un peu plus d’un tiers de la profession.
La profession est-elle plutôt féminine ou masculine ? Très majoritairement féminine.
En 2024 :
- environ 76 % de femmes,
- environ 24 % d’hommes.
Cette féminisation est ancienne et structurelle. Elle traverse l’ensemble des champs d’exercice (public, privé, libéral).
Y a-t-il autant de psychologues partout sur le territoire ? Non. La répartition territoriale est très inégale. Même si la densité nationale moyenne est élevée, elle masque de fortes disparités.
Quelle est la densité moyenne en France ? Environ 113 psychologues pour 100 000 habitants (2024).
Où y a-t-il le plus de psychologues ?
Dans les grandes villes et les zones urbaines denses, notamment : les métropoles, les villes universitaires, les grandes agglomérations. Ces territoires concentrent : les formations, les institutions, les opportunités d’emploi, et une demande solvable en libéral.
Et dans les zones rurales ou peu denses ? Beaucoup moins de psychologues.
Dans de nombreux territoires ruraux ou semi-ruraux : l’offre est rare, les délais d’attente sont longs, certains suivis sont impossibles faute de professionnels à proximité. On parle alors de déserts de soins psychiques, malgré des chiffres nationaux globalement élevés.
Ces chiffres disent-ils combien de psychologues sont réellement disponibles pour soigner ? Non. Ces données comptabilisent une présence administrative, mais ne renseignent pas sur : le temps de travail réel, la disponibilité pour de nouveaux patients, les inégalités territoriales, ni les conditions concrètes d’exercice.
Peut-on dire qu’il y a “assez” de psychologues en France ? Pas sur la base de ces chiffres seuls. Ils ne mesurent ni : la qualité du soin, la continuité des suivis, l’épuisement professionnel, ni les effets des politiques de santé mentale sur l’exercice réel.

