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Quand MonSoutienPsy devient -encore une fois- un prétexte au désengagement des pouvoirs publics
En Sarthe comme ailleurs, la question de l’accès à un soin psychique réellement adapté ne peut plus être réduite à un simple manque de moyens mais relève d’une problématique plus large, à la fois systémique, idéologique et politique. Elle met tristement en lumière, une fois encore, les effets pervers de l’existence du dispositif MonSoutienPsy.
C’est Élise Leboucher, députée, qui nous alerte sur une situation locale particulièrement éclairante.
L’ARS a refusé de financer un dispositif porté par le CIDFF 72, qui visait à proposer des permanences d’accompagnement psychologique gratuites, confidentielles, assurées par des professionnels formés aux violences sexistes et sexuelles. Ce refus intervient alors même que les besoins sont décrits comme massifs et que les structures publiques de santé mentale sont saturées.
La justification avancée tient en une phrase : le dispositif MonSoutienPsy serait suffisant.
L’existence même de ce dispositif tend à produire un effet de substitution dans la décision publique et l’offre de soin. Dès lors qu’un cadre national existe, il devient possible de considérer que le besoin est couvert et dans le même mouvement, de refuser de financer des réponses locales pourtant plus adaptées, plus spécialisées, et souvent mieux articulées aux réalités de terrain.
On glisse ainsi d’une logique de complémentarité affichée vers une logique de remplacement, qui n’est ni pensée ni assumée comme telle, mais dont les effets sont bien réels, notamment le désengagement de l’Etat à l’égard des services publics, comme l’Association M3P a pu le montrer dès ses débuts au côté de nombreuses autres organisations de psychologues.
Sur le plan clinique, cela se traduit par des retards de prise en charge, des parcours interrompus, des orientations inadéquates. Autrement dit, par une perte de chance pour les personnes concernées.
Les victimes de violences sexistes et sexuelles nécessitent des dispositifs spécifiques, des professionnels formés, et une continuité de prise en charge. Un dispositif inadapté, limité dans sa temporalité et ses ambitions thérapeutiques, ne peut pas répondre à ces exigences. L’ampleur des violences sexuelles et sexistes justifie la multiplication des espaces de parole et de soins, à l’inverse de cette décision que nous déplorons.
Encore une fois, nous constatons que Monsoutienpsy devient un argument commode permettant de justifier des décisions de non-financement de dispositifs plus adaptés.
C’est pourquoi l’Association M3P continue de soutenir le boycott de Monsoutienpsy.
liens vers les publications d’Elise Leboucher, députée de la Sarhe, qui dénonce cette situation :
