Boycottons le dispositif MonSoutienPsy !
19 avril 2026La psychothérapie ne peut pas devenir un acte administré par l’Assurance maladie et les psychologues ne sont pas des auxiliaires médicaux
12 mai 2026Assemblée Générale 28 avril 2026
Rapport moral
L’année 2025–2026 a été, pour le M3P, une année de vigilance, de clarification et de présence.
Vigilance, parce que les attaques contre notre profession ne se sont pas relâchées. Elles ont pris des formes diverses : remise en cause de l’autonomie des psychologues, promotion renouvelée du dispositif MonSoutienPsy, tentatives de hiérarchisation des approches psychothérapeutiques, valorisation croissante de modèles standardisés, et banalisation médiatique de représentations contraires à l’éthique du soin. De la réaction aux propos d’Emmanuel Macron du 13 mai 2025 à la dénonciation de l’émission Rendez-vous chez le psy, jusqu’aux alertes sur la pluralité des approches et sur la proposition de loi 385, le M3P a maintenu une parole constante et lisible.
Clarification, parce que cette année a confirmé la nécessité de redire ce que nous défendons. Nous défendons une psychologie clinique qui ne se réduit ni à un protocole, ni à une métrique d’efficacité, ni à une fonction d’exécution dans des dispositifs pensés sans la clinique. Nous défendons la pluralité des approches psychothérapeutiques, non comme un luxe théorique, mais comme une condition du respect de la singularité des personnes. Lorsque le M3P alerte contre une possible « psychologie et psychiatrie d’État », ou affirme que « la pluralité des approches psychothérapeutiques n’est pas négociable », il ne s’agit pas d’un effet de style : il s’agit de nommer une menace réelle sur les conditions mêmes du soin psychique.
Présence, enfin. Présence dans les publications du site. Présence dans les chroniques écrites par les adhérents. Présence dans les espaces collectifs, notamment au sein de la CPL. Présence dans le colloque du 12 septembre 2025 à Toulon, où Lionel Camalet a porté une réflexion exigeante sur l’artisanat du soin psychique. Présence également au meeting du Printemps de la psychiatrie du 28 mars 2026, auquel le M3P a pris part comme signataire du manifeste.
Cette année nous montre une chose simple : la bataille n’est pas seulement professionnelle. Elle est clinique, éthique et politique au sens noble. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la possibilité de continuer à exercer un soin psychique vivant, pluraliste, rigoureux, irréductible aux logiques de normalisation.
Le M3P a tenu sa place. Avec ses moyens, avec ses textes, avec ses adhérents. Et il l’a tenue sans renoncer à ce qui le fonde : défendre une psychologie du sujet, du lien, du temps long et de la complexité.
Rapport d’activité 2025–2026
Activité éditoriale, publications et prises de position
Publications recensées sur la période mai 2025 – mars 2026
1er mai 2025 – Article d’Albert Ciccone et Cécile Neffati : « Saga d’un mouvement de résistance au dispositif MonSoutienPsy » ; le site relaie cet article du Journal des Psychologues et le présente comme un jalon important de la critique du dispositif MonSoutienPsy. (Association M3P)
1er mai 2025 – Tribune « Mon Soutien Psy, la fausse réponse au vrai problème de santé mentale » ; le M3P la présente comme un « communiqué alarmant » concernant le dispositif. (Association M3P)
14 mai 2025 – Réaction aux propos d’Emmanuel Macron, le 13 mai 2025 ; le M3P y réaffirme son soutien au boycott de MonSoutienPsy et conteste la lecture présidentielle de la profession. (Association M3P)
26 mai 2025 – Colloque de la CPL : « Les psychologues dans la cité : quelles perspectives ? » ; publication d’annonce et de mobilisation autour du colloque national du 12 septembre 2025. (Association M3P)
4 juin 2025 – Lettre ouverte au Président de la République sur la santé mentale ; le M3P s’y associe avec d’autres organisations de psychologues et de psychiatres à la suite de l’émission du 13 mai 2025. (Association M3P)
6 juin 2025 – Les tribunes des enseignants chercheurs Le Monde et Le Point ; cette publication apparaît dans l’environnement éditorial du site à l’été 2025, même si je n’ai pas ouvert sa fiche complète ici. Son existence est explicitement signalée par le site au moment des publications de juin-juillet. (Association M3P)
18 juin 2025 – Tribune La Croix « Combien de drames faudra-t-il avant d’écouter le mal-être des adolescents ? » ; le M3P y alerte sur le besoin de soins réels, de moyens humains et d’une approche clinique plurielle. (Association M3P)
22 juillet 2025 – Appel à contribution aux adhérents M3P ; lancement officiel de la série de chroniques « Cliniques en résistance – Les voix des psychologues », avec appel aux adhérents pour des textes courts, cliniques, engagés, analytiques ou poétiques. (Association M3P)
3 octobre 2025 – Contre la téléréalité de la psychothérapie : défendre l’éthique et la dignité du soin psychique ; le M3P s’oppose publiquement au projet Rendez-vous chez le psy de France Télévisions. (Association M3P)
11 octobre 2025 – Articles et interview du M3P : « Rendez-vous chez le psy » : quand la télévision s’invite dans le soin psychique ; le M3P prolonge publiquement son alerte sur les dérives du projet. (Association M3P)
27 octobre 2025 – Communiqué commun – Fin de la pluralité des approches : une psychologie et une psychiatrie d’État ? ; publication d’alerte contre les menaces pesant sur la pluralité des approches. (Association M3P)
16 novembre 2025 – « La pluralité des approches psychothérapeutiques n’est pas négociable » – Communiqué du 16 novembre 2025 ; communiqué centré sur le PLFSS 2026 et l’amendement 159 du 14 novembre 2025. (Association M3P)
19 novembre 2025 – « Rendez-vous chez le psy » : l’alerte du M3P n’a pas été vaine ; le site indique que France Télévisions a reconnu un dérapage éthique. (Association M3P)
10 décembre 2025 – Proposition de loi 385 : plus d’expertise, moins de soin ? ; le M3P y critique une orientation renforçant l’expertise au détriment du soin. (Association M3P)
31 janvier 2026 – Éléments d’éclairage sur l’actualité 31 janvier 2026 ; texte signé Lionel Camalet, consacré aux critiques adressées au dispositif MonSoutienPsy et plus largement aux transformations du champ. (Association M3P)
4 février 2026 – Violences en milieu scolaire et responsabilité du débat public – Éléments d’éclairage sur l’actualité 4 février 2026 ; prise de position articulant événement d’actualité et lecture clinique du débat public. (Association M3P)
6 février 2026 – Plaidoyer pour une psychothérapie au service de la singularité – Journal des Psychologues ; le M3P met en lumière cet article comme publication de référence en cohérence avec sa ligne. (Association M3P)
15 février 2026 – Les psychologues en France – Cartographie 2024 ; publication d’éléments chiffrés sur la profession à partir de données DREES. (Association M3P)
19 mars 2026 – EXPERTISER N’EST PAS SOIGNER – Meeting du 28 mars 2026 – Printemps de la Psychiatrie ; annonce de la participation du M3P à cet événement national. (Association M3P)
Bilan de cette séquence éditoriale
Pris ensemble, ces textes ne relèvent pas d’une simple activité éditoriale. Ils témoignent d’une année de tensions croissantes, au cours de laquelle les conditions d’exercice des psychologues et les fondements mêmes du soin psychique ont été directement mis à l’épreuve.
Ce qui se dessine, c’est un mouvement de fond préoccupant.
Un mouvement de paramédicalisation progressive de la profession, d’abord, dans lequel le psychologue tend à être repositionné comme un exécutant au sein de dispositifs normés, encadrés par des prescriptions extérieures à la clinique. À travers des dispositifs comme MonSoutienPsy, c’est la question même de l’autonomie du psychologue qui est fragilisée, au profit d’une logique de délégation, de prescription et de contrôle.
Un mouvement de réduction de la pluralité des approches psychothérapeutiques, ensuite, où certaines pratiques sont progressivement disqualifiées ou marginalisées au nom de critères d’efficacité définis de manière restrictive. Cette dynamique fait peser un risque majeur : celui d’une homogénéisation des pratiques, incompatible avec la diversité des situations cliniques et la singularité des sujets.
Un mouvement, enfin, de banalisation des atteintes au cadre du soin, notamment dans l’espace médiatique, comme l’a illustré l’émission Rendez-vous chez le psy. En exposant le soin à des logiques de mise en scène, ces formats contribuent à en altérer les repères éthiques fondamentaux.
Ces évolutions ne sont pas anecdotiques. Elles participent d’une transformation plus large, dans laquelle le soin psychique tend à être redéfini selon des logiques de standardisation, de visibilité et de rentabilité.
Le risque est clair : celui d’une profession progressivement dépossédée de son jugement clinique, et d’un soin psychique réduit à une série d’actes protocolisés, au détriment de la rencontre, du temps et de la complexité.
Dans ce contexte, les prises de position du M3P s’inscrivent dans une démarche de vigilance et de résistance.
Elles affirment la nécessité de préserver une psychologie clinique vivante, pluraliste et responsable ; une pratique qui ne se laisse pas réduire, et qui continue de faire place à ce qui échappe aux normes.
Les chroniques du M3P
Les chroniques ont débuté en août 2025, après l’appel à contribution aux adhérents publié le 22 juillet 2025. La série de chroniques s’intitule « Cliniques en résistance – Les voix des psychologues », elles sont écrites par les adhérents, publiées sur le site et relayées sur les réseaux.
Objectifs des chroniques
Ces chroniques ont vocation à former, « semaine après semaine », une cartographie vivante des pratiques et des engagements ; elles doivent faire lien entre les psychologues, rendre visible la profession de psychologue dans sa diversité, et soutenir un soin psychique « pluriel, vivant, situé et politique ». Elles peuvent prendre la forme de témoignages, analyses, billets d’humeur, vignettes cliniques ou textes plus littéraires.
Chroniques
4 août 2025 – La gorge et le silence – Histoire singulière (Aurélie Martin).
11 août 2025 – De l’incapacité du gouvernement à définir les psychologues (Cyrille Le Jamtel)
18 août 2025 – Le soin est Agapè ! (Kyd Shepherd).
25 août 2025 – Le cabinet libéral, lieu d’une clinique politique ? (Aurélie Martin)
1er septembre 2025 – Accueillir les éclats.
8 septembre 2025 – Être psychologue clinicien aujourd’hui : chronique d’un effacement programmé
15 septembre 2025 – Ce que le soin tisse dans l’ombre. (Association M3P)
22 septembre 2025 – Défendre le soin psychique contre l’idéologie de la santé mentale (Aurélie Martin)
29 septembre 2025 – Le symptôme comme tentative de solution (Aurélie Martin).
6 octobre 2025 – Enjeux cliniques de la vulgarisation
13 octobre 2025 – Au commencement était la rencontre (Aurélie Martin).
4 novembre 2025 – Le Code de déontologie des psychologues : une boussole éthique face aux dérives politiques et médiatiques
24 novembre 2025 – Défendre la psychologie comme science humaine.
8 décembre 2025 – De la clinique au cynisme : voyage en kakistocratie.
15 décembre 2025 – Oser commencer (Aurélie Martin).
29 décembre 2025 – Familles, fêtes et loyautés invisibles.
12 janvier 2026 – Habiter une tristesse sans contours.
16 février 2026 – Non, je ne vais pas vous analyser (sauf si vous insistez).
16 mars 2026 – De la tarification à l’acte à Mon Soutien Psy : quand le soin devient une ligne comptable.
15 avril 2026 – Glissement silencieux du soin psychique : le risque de perdre la rencontre
Thématiques portées par les chroniques
Les chroniques abordent des thèmes à la fois cliniques et politiques : la singularité du sujet, le temps long du soin, la non-réduction du symptôme à un dysfonctionnement, la critique de la standardisation, la défense de la psychologie comme science humaine, les représentations sociales du psychologue, et la dénonciation des logiques comptables qui reconfigurent le soin.
Annuaire
Développement de l’annuaire militant : plus de 900 incrits, des psychologues engagés qui signifie leur boycott au disposotif MonSoutienPsy et surtout qui défende le soin psychique contre les politiques néolibérales.
Participation aux événements
Le M3P a participé au colloque de la CPL du 12 septembre 2025, annoncé sur le site dès le 26 mai 2025, sous le titre « Les psychologues dans la cité : quelles perspectives ? ». (Association M3P)
À cette occasion, Lionel Camalet est intervenu avec la communication suivante :
« Entre standardisation et preuves d’efficacité, le soin psychique peut-il rester une pratique artisanale ? »
Cette intervention, peut être résumée comme une réflexion sur la réduction contemporaine des psychologues à des agents de pratiques standardisées, prenant appui sur la problématique addictive pour défendre la préservation d’une clinique singulière, artisanale, croisant les référentiels et les pratiques psychothérapeutiques.
Le M3P a participé au colloque des 40 ans du titre organisé par le SNP (Syndicat National des Psychologues), le 14 novembre 2025; Lionel Camalet est intervenu comme modérateur du débat sur l’Ordre des psychologues entre le SNP et l’association ACOPSY.
Le M3P a participé au meeting du Printemps de la psychiatrie du 28 mars 2026, sous le mot d’ordre « EXPERTISER N’EST PAS SOIGNER – Quelles psychiatries pour demain ? », marquant son inscription explicite dans une réflexion élargie sur les transformations du soin psychique.
La CPL a sollicité le M3P pour intervenir au festival « Ca va pas la tête ? », le 11 avril 2026 à Paris. Aurélie Martin, co-dirigeante du M3P a pu développer la thématique « Convergence des voix, résistance du soin aux logiques néo libérales » ( lien vers le podcast, 2ème table ronde à la 65ème minute : https://p-node.org/broadcasts/ca-va-pas-la-tete
Points d’alerte spécifiques de l’année
• L’émission « Rendez-vous chez le psy » (novembre 2025)
Le M3P a alerté publiquement sur les dérives éthiques de cette émission de France TV et a fait un signalement à l’ARCOM.
Cette intervention a permis :
• de mettre en lumière les enjeux de mise en scène du soin psychique,
• d’interroger la compatibilité entre médiatisation et cadre clinique,
• et d’obtenir une reconnaissance des problématiques soulevées : https://associationm3p-psychologues.fr/rendez-vous-chez-le-psy-lalerte-du-m3p-na-pas-ete-vaine/
• La loi sur l’aide à mourir (2025–2026)
Les débats autour de la loi sur l’aide à mourir ont constitué un point de vigilance important dans le champ du soin psychique. Dans la continuité de ses positions, le M3P a attiré l’attention sur :
• la place assignée aux psychologues dans les dispositifs d’évaluation,
• les risques de glissement vers une fonction d’expertise ou de validation,
• les tensions éthiques entre accompagnement clinique et protocolisation des décisions.
Mise en avant de l’article « Plaidoyer pour une psychothérapie au service de la singularité », 6 février 2026, Journal des Psychologues
Le M3P a également mis en lumière l’article “Plaidoyer pour une psychothérapie au service de la singularité”, publié le 6 février 2026 dans le Journal des Psychologues et écrit par Aurélie Martin, co-dirigeante du M3P. Ce texte rappelle que la qualité du soin psychique repose sur la pluralité des approches, l’éthique de la rencontre et le respect de la singularité. Il interroge, dans le même mouvement, les effets de la standardisation et les risques d’une réduction du soin à des dispositifs protocolisés.
Un bilan global : une année de pression accrue
L’ensemble de ces publications permet de dégager une tendance nette.
L’année 2025–2026 se caractérise par une intensification des transformations du cadre du soin psychique, avec :
• une standardisation croissante des pratiques,
• une montée en puissance des logiques de preuve et d’évaluation normée,
• une volonté de sélection des pratiques jugées légitimes,
• une réduction progressive de l’autonomie clinique,
• une fragilisation explicite de la pluralité des approches psychothérapeutiques.
Ces évolutions ne sont pas isolées : elles participent d’un mouvement global de redéfinition du soin, dans lequel le psychologue tend à être repositionné comme exécutant de dispositifs.
Dans ce contexte, le M3P a maintenu une ligne constante :
• défendre la pluralité,
• préserver le jugement clinique,
• refuser la réduction du soin à une logique protocolisée.
